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Questions fréquentes

Incompatibilité physico-chimique : conséquences et solutions

Q1 : Qu'est-ce qu'une Incompatibilité Physico-Chimique Médicamenteuse (IPC) ?

Une Incompatibilité Physico-Chimique Médicamenteuse (IPC) consiste en une impossibilité à s’accorder entre une condition et un médicament, conduisant à un changement dans sa forme physique ou chimique. L’incompatibilité, source d’instabilité, peut provoquer une diminution de la disponibilité du principe actif ou conduire à une toxicité.

Il est essentiel de différencier une incompatibilité physico-chimique d’une interaction médicamenteuse pharmacologique, aussi souvent appelée interaction médicamenteuse. Dans le cas d’une IPC, les médicaments interagissent et s’annulent avant d’atteindre leur cible. Par contre, dans une interaction médicamenteuse pharmacologique, les médicaments atteignent leur cible biologique et produisent leurs effets, eux-mêmes antagonistes ou responsables d’une majoration de la toxicité.

Les incompatibilités médicamenteuses sont fortement liées aux formes injectables des médicaments, notamment lors de la dilution d’un médicament avec le mauvais solvant ou lors d’un contact entre médicaments incompatibles dans les tubes de perfusion. Les formes orales sont aussi concernées, particulièrement lorsque le médicament est écrasé ou mélangé avec une forme de nutrition. D’autres facteurs, tels que la chaleur, certains matériaux, ou des modifications internes à l’organisme (comme une modification du pH), peuvent aussi provoquer une IPC. Les formes ophtalmiques et transdermiques sont également parfois sujettes à l’IPC.

Les Incompatibilités Physico-Chimiques Médicamenteuses (IPC) ont de sérieuses implications pour les patients hospitalisés. Elles sont à l’origine de la majorité des erreurs et/ou des incidents associés à l’administration parentérale de médicaments. Selon certaines études, elles constituent 14,3% de toutes les erreurs médicamenteuses en soins critiques et augmentent également le taux d’erreur de 25% dans ces unités.

Les conséquences des IPC peuvent varier : elles peuvent entraîner une diminution de l’efficacité thérapeutique, une baisse de la sécurité du patient, une réduction de la concentration du Principe Actif (PA) qui peut affecter l’efficacité du traitement, ou la formation de substances toxiques qui peuvent causer divers problèmes de santé, y compris des infections, une toxicité pulmonaire, un syndrome de réponse inflammatoire systémique et, dans les cas extrêmes, un arrêt respiratoire ou la mort.

L’utilisation de filtres de tubulures, qui retiennent les particules solides, peut contribuer à réduire certaines des conséquences des IPC. Dans les services étudiés, l’utilisation de ces filtres a permis de réduire d’environ 25% la durée d’hospitalisation, les complications, et les syndromes de réponse inflammatoire systémique. Ils ont également permis de réduire de 21% la durée de ventilation mécanique, et de 4 à 5% diverses dysfonctions. Cependant, ces filtres ne préviennent pas tous les types d’IPC. Par exemple, ils n’empêchent pas la traversée des dérivés toxiques solubles ni la perte d’efficacité du traitement (perte en principe actif) due à la précipitation.